NOUVELLES d’hier, d’aujourd’hui, de demain

A se lire, on finit par se connaitre………….

Archive pour la catégorie 'vocation'

L’APPEL (Embarquement immédiat)

Posté : 6 février, 2008 @ 11:20 dans vocation | Pas de commentaires »

Hier, ils ont embarqué les chars sur un convoi ferré. Il sont restés une partie de la journée au quai d’embarquement de la gare de Belfort. Les chars se sont présentés le uns derrière le autres, ils sont entrés sur les wagons de marchandises, ont été immobilisés à l’aide de grosses cales en bois clouées à même le plancher du wagon. Les pilotes, installés dans de vieux wagons de voyageurs aux banquettes de bois, sont partis avec le convoi. Il leur faudra plus de deux jours pour arriver à destination, car ce train n’est pas régulier et il leur faudra patienter dans des gares de triage pour laisser passer les « vrais trains » ils ont des rations pour les repas avec du pain de guerre, leurs gourdes sont pleine d’eau.

Lui, effectue le chemin  par la route avec un Simca Marmon. C’est le véhicule d’allègement du peloton. Les lots de bord des chars et les transmissions ont été chargés. Les postes de transmission sont les ANVRC18 ils servent à la communication de l’équipage à l’intérieur et à l’extérieur. Ordres au pilote ou réception des ordres du capitaine par exemple.

Le régiment va profiter de ce mouvement de véhicules vers Sissonne pour effectuer un exercice sur route. Mon soldat, chef de bord du MARMON aura pour communiquer un poste de transmission ANPRC10. Simple d’emploi, ce poste se porte soit au dos, soit accroché dans la cabine d’un camion. Pour le faire fonctionner, il suffit d’afficher la fréquence comme on affiche une station de radio sur un transistor, effectuer le battement zéro de cette fréquence (quand on tourne le tuner, on entend un son aigu qui devient grave avant de remonter vers les aigus. Le battement zéro est l’instant ou le son, de grave remonte. Là il y a un blanc. On cale donc cette fréquence sur le blanc). Mon soldat me dit qu’aujourd’hui ce sont des quartz qui calent les fréquences.

Sept heures du matin, la rame de jeep et de camions quitte le quartier Friedrich  et se dirige vers les sorties de Belfort. Il a ses ordres, sa carte et écoute religieusement le trafic radio, ne manquant pas de répondre quand il est sollicité.  » ALPHA CHALIE 12 parlez!, ALPHA CHARLIE12 reçu fort et clair »

Ce soir, ils dormirons dans une ferme….

L’APPEL (L’AMX 13)

Posté : 5 février, 2008 @ 8:30 dans vocation | Pas de commentaires »

Dimanche, il est allé à la messe, dans la vieille ville. Quelle belle église!!!. Toute en pierres de la région. Cette heure de prière lui a fait le plus grand bien. Il n’a vu personne. Si il a vu le seigneur, et ca, il aurait été bête de passer à coté.

Le travail a repris. Après le rapport, direction la zone technique pour l’entretien de son char. Il ne s’agit pas qu’il tombe en panne à Sissonne!!. Lui et le pilote, un appelé du contingent, démontent la plaque de visite et le ventilateur pour pouvoir accéder au moteur. Ensuite, il laisse le pilote s’activer sur le moteur. Il n’est pas mécano. Lui est le tireur. Son travail, c’est que l’intérieur de la tourelle soit particulièrement propre, car le chef de char veut un char, non seulement en état de marche, mais d’une propreté exemplaire (pour montrer au reste du peloton comment doit être un char. Il faut aussi que le char tire juste. Il faut donc simbloter le canon et la mitrailleuse avec la lunette de tir.

L’AMX 13 (13 pour 13 Tonnes) est un char de combat très maniable et redoutable au combat Sa vitesse (90 Km/h) font de lui le champion des chars de l’époque. De plus il est juste au tir et fait coup au but à chaque fois. Bien sur, sauf en cas d’erreur du chef de char dans l’appréciation de la distance de la cible ou du tireur pour une mauvaise utilisation de la lunette de tir ou une erreur de visée.

Pour le tir, le tireur est placé dans des conditions idéales(surtout s’il est petit). Bien calé sur un tabouret, l’oeil rivé sur la lunette de tir, il se sert de la » bête à cornes  » pour faire tourner, monter ou descendre la tourelle. La bête à cornes, car l’instrument de manoeuvre de la tourelle ressemble à la gueule  d’une vache dont  vous prendriez les cornes par devant. Les mains prennent chacune une corne et bougent la tète qui fait bouger la tourelle, donc le canon, en haut ou en bas. Pour le tir, ce sont des pédales aux pieds. A droite  pour le tir canon, à gauche pour la mitrailleuse.

Demain, on part à Sissonne, c’est sur.

L’APPEL (Autorisation d’absence)

Posté : 4 février, 2008 @ 9:09 dans vocation | Pas de commentaires »

C’est samedi après midi, le chef de section lui a signé une autorisation d’absence. Il s’est fait décompter pour le repas du soir, il dînera en ville avant d’aller au cinéma. Les soldats ont droit à une autorisation d’absence le samedi et une permission de spectacle le mercredi soir.

Belfort est un jolie ville de l’est avec des bâtisses en grès orange bistre, d’après ce qu’il s’en rapelle car il n’y est jamais retourné. En face de la gare il y a un self service, on mange d’excellentes escalopes de veau à la crème.

Il déambule donc dans la ville. Il ne connaît personne. Il entre dans un petit bar, le juke boxe crache une chanson de C. Jerome….elle avait un drapeau américain….je crois que je l’aimais bien…La serveuse ne le regarde même pas, un petit militaire. Elle est grande et très jolie. Toutes les filles sont jolies quand vous sortez d’un milieu ou il n’y a que des hommes. La fille lui sert son lait fraise et ne s’occupe plus de lui. Très vite il sort et va à la gare repérer les horaires pour le train  qui l’emmènera en permission début mai.

Soudain, il s’ennuie. Que fait il à errer dans cette ville en militaire. Il ne connait personne chez qui aller. Il prend une résolution. Demain matin, dimanche, il ira à la messe, comme il le faisait avant d’être militaire. Il se rend compte soudain que cela lui manque. Il n’y est pas retourné depuis Octobre 67 au moment de son engagement.

Nous sommes un samedi, en avril 68, le départ à Sissonne c’est dans quatre jours.

 

L’APPEL (petit retour sur Carpiagne)

Posté : 3 février, 2008 @ 8:56 dans vocation | Pas de commentaires »

AVRIL 1968

Il prépare activement le départ à Sissonne.

 Le soir, il pense toujours à ces derniers passés à l’armée. De son premier tir à balles réelles au MAS 36. Il est resté sourd 15 jours. Il n’a rien dit de peur d’être réformé. Pas étonnant que dans ses notes il était inscrit qu’il ne comprenait rien. Apprenez à lire à un enfant qui aurait besoin de lunettes et qui n’a jamais vu un ophtalmologiste!!!

Il se souvient aussi de la piqûre. Un samedi matin, assis par tranche de dix soldats sur un banc. Un infirmier pique, à chacun une aiguille sous l’omoplate, un autre passe avec une maxi seringue pour injecter le produit, le dernier enlève les aiguilles et passe un coton sur l’omoplate. Les soldats sont malades en chambre sans manger jusqu’au dimanche soir ou on leur apporte une soupe à boire dans les quart de campagne qui fait partie du paquetage.

Il repense à Carpiagne, cuvette de craie, située entre Marseille et Cassis. Le site est dominé par la croix du joli village de Carnoux. Il faut toujours monter pour en sortir. Il se rappelle de ces dimanches qu’il passait à Marseille. Petit déjeuner sur le vieux port, promenade sur la cannebière, cinéma l’après midi et retour en car le soir à Carpiagne pour les corvée du soir.

Il se souvient, mais le jour du départ en manoeuvre approche.

L’APPEL (L’escadron)

Posté : 2 février, 2008 @ 8:41 dans vocation | Pas de commentaires »

Il est à l’escadron depuis plus de trois semaines. Chaque matin, il se rend avec ses camarades du peloton à la zone technique pour l’entretien de son char. Depuis qu’il est titulaire de son examen, que l’on appelle ici le CA1 (certificat d’armes N°1), il est affecté au peloton de l’aspirant De S…. L’homme est très proche de ses hommes, il effectue son service militaire comme appelé du contingent mais il a réussi les EOR(élèves officiers de réserve), il a donc rang d’officier.

Notre soldat est tireur sur le char dont l’aspirant est le chef.

Un escadron est composé de quatre pelotons de 4 chars AMX 13. Il y a trois pelotons avec de chars dont le canon est de 90mm et un peloton de 4 chars de 75 mm que l’on appelle SS11 car ils possèdent 4 missiles sol sol situés sur des rampes de lancement placées de chaque coté du canon. Les tireurs de missiles sont sélectionnés pour leurs capacités à garder leur calme durant le lancement du missile, car celui ci est filoguidé (d’où l’expression » ne par perdre le fil »).

L’escadron est commandé par un capitaine. Son adjoint est un lieutenant expérimenté. L’adjudant de compagnie est ici appelé adjudant d’escadron, il a la même mission que celui de Verdun.

Puisque nous sommes dans les armes et pour ne plus y revenir, me dit mon soldat, sachez que AMX 13 veut dire atelier d’issy les moulineaux. Le char possède également en plus du canon, une mitrailleuse coaxiale(dans l’axe du canon) de type reibelle armée par un chargeur « camembert » de 150 cartouches de 7,5 mm. Pour les armes individuelles, plus de MAS 36, mais des fusils semi automatique MAS 49/56 (Manufacture d’armes de Saint étienne modèle 49 modifié en 56).

Nous avons vu l’escadron, ses armes, nous allons pouvoir nous concentrer sur notre soldat, puisque en ce mois d’avril, avant de partir en permission voir Roselyne, il va participer à sa première manoeuvre à Sissonne.

L’APPEL (réhabilité)

Posté : 1 février, 2008 @ 8:22 dans vocation | Pas de commentaires »

MARS 1968, il est là tous les soirs à regarder son Lion et écouter le clairon qui sonne sa complainte dans la nuit. C’est comme cette musique que l’on entend dans le Film ALAMO, la musique des mexicains.

Oui, il est amoureux, et ça l’oblige à bien réussir sa vie, car Roselyne, c’est sur, viendra le rejoindre quand il aura monté en grade. Pour l’instant, il est simple soldat et gagne 170 Francs par mois. Il est nourri, logé, c’est de l’argent de poche.

Il est inscrit au peloton de caporal et pour l’instant se montre un des meilleurs éléments. Il faut dire que ses camarade de peloton sont des jeunes appelés du contingent avec seulement un mois d’armée, alors que lui en a plus de quatre. Il terminera 1° de cet examen. Le colonel déchirera devant lui, le carnet de note de Carpiagne et dira » J’ai eu raison de vous avoir fait confiance. Continuez comme cela »

Il est donc complètement réhabilité et cela se sent dans le regard et les attitudes des cadres de l’escadron. Si Roselyne voyait ça…

Demain nous verrons comment est organisé l’escadron et le travail qu’il fait au sein de cette communauté

L’APPEL (premières armes)

Posté : 31 janvier, 2008 @ 8:42 dans vocation | Pas de commentaires »

MARS 1968,déjà cinq mois d’armées et que d’expériences acquises, que de souffrances, que de batailles pour s’imposer. Aujourd’hui, rien n’est fait, rien n’est acquit.

MARS 1968, quartier Friederich au 35° Régiment d’infanterie mécanisée, il est vingt deux heures, il est perché au dernier étage du 2° Escadron. Au loin, le Lion le regarde, éclairé et fier d’être le symbole de la résistance de Belfort. En bas, dans la cour du quartier, le clairon sonne l’extinction des feux aux quatre coins cardinaux. Il est vingt deux heures, tous les soldats regardent et écoutent ce clairon qui sonne sa complainte dans la nuit. Ils applaudissent, forçant le clairon à jouer les prolongations. Dans une telle  atmosphère, comment ne pas aimer l’armée, comment ne pas aimer son régiment, comment ne pas aimer ces camarades qui, avec vous vibrent avant d’aller dormir.

Trois mois se sont passés, à Carpiagne, depuis son départ de Verdun. Il en est ressorti affûté, combatif et revanchard. Carpiagne, c’était la patrie des cavaliers. Alors un fantassin chez les cavaliers, c’est un singe en hiver, c’est tintin au pays des soviets. Il ne veut plus en parler. Le colonel du 35° RI lui a lu les mauvaises notes que lui ont donné ses chefs de Carpiagne. Il lui a donné un mois pour faire mentir ses anciens chefs cavalier. Il connait le contrat »montrez nous que vous avez été mal jugé et nous effaçons tout, vous repartirez à zéro ».

En trois mois, il a eu des permissions et chez lui et sur Marseille. Quelle belle ville!!!. Oui, aussi, il est amoureux de Roselyne une jolie brunette qu’il va bientôt revoir en mai chez lui. Car avant une belle permission, il lui faut passer son peloton de caporal. C’est à dire qu’il est en stage et qu’à l’issue de ce stage, il passera un examen qui lui donnera le droit d’être nommé au grade de caporal.

Normalement, ça devrait bien se passer..à voir…

 

C’EST SON HISTOIRE 17 ( fin de la première partie)

Posté : 31 janvier, 2008 @ 8:36 dans vocation | Pas de commentaires »

On a bouclé 3 semaines de la vie de mon soldat en 17 histoires (vraies). A ce train là on n’arrivera pas au bout des 40 ans

0n va se retrouver dans un instant pour une nouvelle suite de sa vie militaire. On ne l’appellera plus « C’est son histoire »

Ce sera : L’APPEL

Dés maintenant, changez de page et retrouvez nous à BELFORT. Le lion va rugir….dans l’Appel(premières armes)

C’EST SON HISTOIRE 16

Posté : 30 janvier, 2008 @ 8:30 dans vocation | Pas de commentaires »

A midi, c’est le rapport, comme tous les midis, avant d’être emmené au réfectoire par le sergent de semaine. Ce dernier donne les ordres de détail pour l’après midi. Dans son discours, il annonce une liste de noms Ces soldats cités doivent se présenter à la semaine à 13H30 en tenue de sortie pour faire les essais de képi.

Notre homme fait partie du lot avec vingt autres recrues. Il vont donc percevoir un képi, ce qui signifie qu’il vont pouvoir sortir ce week end car sans képi, pas de sortie.

Déjà, le week end dernier, ils étaient restés au lit, malades de la piqûre TABDT (diphtérie, tétanos et autres maladies ). L’histoire de la piqûre est à raconter également me dit mon soldat. Oui mon gars, on la racontera dans un épisode prochain, car t’entendre la raconter ça vaut le coup.

Donc, à 13H30, les voici rassemblés devant la semaine. Dans le couloir, l’adjudant de compagnie les apostrophe, les appelant les veinards et leur annonce la nouvelle.

Vous êtes muté à CARPIAGNE à coté de Marseille pour être tireur sur un char de combat. Avant de rejoindre Marseille, vous partirez 36 Heures en permission pour voir vos parents.

C’EST SON HISTOIRE 15

Posté : 29 janvier, 2008 @ 9:15 dans vocation | Pas de commentaires »

Le sergent de semaine monte la semaine avec le caporal pendant une semaine du vendredi au vendredi. Le caporal dors dans le bureau de semaine qui est également, dans la journée, le bureau de l’adjudant de compagnie.

Le sergent est chargé de faire exécuter les ordres de l’adjudant, c’est lui qui présente la compagnie à l’adjudant lors de chaque rassemblement ou rapport. « Garde à vous!!! »   » Compagnie rassemblée à vos ordre mon adjudant » l’adjudant répond « compagnie A mon commandement, repos!!! » Et voilà le cérémonial de chaque rassemblement, matin, midi et soir.  Le sergent de semaine sonne avec le caporal, l’extinction des feux à 22H00 en criant dans les couloirs « lumières ». le sergent distribue le courrier et emmène les soldats chez le vaguemestre (Poste militaire) pour les colis et les mandats.

Et le mois de novembre se déroule sans encombres. Un jour, au rapport, une liste de noms est lue par le sergent de semaine. Le nom de notre recrue y figure. Que va t il se passer? Bonne ou mauvaise nouvelle? Cela fait plus de 3 semaine qu’il est à Verdun….

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