NOUVELLES d’hier, d’aujourd’hui, de demain

A se lire, on finit par se connaitre………….

Archive pour la catégorie 'vocation'

L’APPEL (Les grèves font réfléchir)

Posté : 16 février, 2008 @ 8:17 dans vocation | Pas de commentaires »

Le fort de Véselois s’est vidé. Tous les hommes de la Section de l’adjudant chef M… sont repartis en Berliet débâché. Les hommes de garde attendent la relève. Elle arrive à l’heure. La garde montante décharge son matériel et ses vivres. Le chef de poste montant et le chef de poste descendant se passent le consignes générales et particulières. Puis ils inspectent le poste de garde et les chemins de ronde. Enfin, notre homme et ses camarades peuvent quitter les lieux.

Pour la première fois, cette nuit là, il s’est rendu compte qu’il était militaire, qu’il ne jouait pas et qu’il avait eu entre les mains un fusil chargé de balles réelles (et pas à blanc comme pour les exercices). Il aurait peut être eu ordre de s’en servir, de tirer, de tuer. Pourquoi tirer sur un homme que l’on ne connaît pas? Pourquoi tuer un être humain? Aurait-t-il tiré? Il ne faut pas rester dans le doute. Ses réflexions sont intenses. Aurait-t-il tiré!!!

Il en là de ses pensées quand le camion arrive au quartier et s’arrête devant le 2° Escadron. Plus le temps de penser, il faut travailler, rendre le matériel de campement au fourrier, le petit chef V…., réintégrer l’armement et aller rendre compte à l’adjudant d’escadron. Il leur faut lire les ordres au tableau vert du couloir et aller se laver un peu mieux.

Mais le plus important, c’est de récupérer le courrier. Il n’a pas de lettres. Personne n’a de lettres. Les PTT sont en grève également. Ils apprennent,  le soir au foyer, que tout le pays est en grève…

L’APPEL (Une nuit au fort…)

Posté : 15 février, 2008 @ 8:12 dans vocation | Pas de commentaires »

Dans la nuit du jeudi au vendredi, alors que les soldats qui ne sont pas de garde dans le fort dorment, un événement va les plonger un peu plus dans l’histoire.

Il est allongé sur son lit, il pense à Roselyne, la jolie jeune fille brune qui doit se demander pourquoi il n’est pas venu. Bien sur, il lui a écrit. Mais a-t-il trouvé les mots justes pour lui dire son amour et lui expliquer la situation. Soudain une grosse voix résonne dans la chambre.

  »Debout là dedans!!! »

. Il ouvre les yeux et reconnaît la visage au crane rasé de l’adjudant chef M…., un des chefs de peloton de l’escadron.

 » Habillez vous et rassemblement dehors ».

Il s’exécute rapidement et rejoint ses camarades devant l’entrée de la pièce de garde. Une section de combat y est déjà en place, alignée, les hommes au garde à vous. Quand toute la garde du fort est sortie de la pièce, l’adjudant chef prend la parole.

 » D’après une information confidentielle, des grévistes se dirigent vers le fort pour voler les munitions ».

 Dans son esprit, il pense à la prise de la Bastille. Les ordres fusent. Chaque homme est doté de munitions pour son FSA 49/56, on leur remet des fusées éclairantes et on les dispose sur les hauteurs, à plat ventre, en observation d’un secteur de surveillance. Les ordres sont de lancer une fusée éclairante dès la vue d’une colonne se dirigeant vers le fort…

Cette garde durera toute la nuit, et au petit matin, des caporaux porteront des quarts de café aux gardiens du fort transis. A onze heures, l’adjudant chef reçoit l’ordre d’abandonner le dispositif et de rentrer sur Belfort. Lui, il reste avec ses sept camarades pour attendre la relève du vendredi.

L’APPEL (MAI 68)

Posté : 14 février, 2008 @ 8:00 dans vocation | Pas de commentaires »

Toutes les permissions sont annulées.

Le sergent de semaine leur a expliqué que des étudiants à Paris ont fait une grèves et que plusieurs universités françaises ont fait de même. Ce qui explique la suppressions des permissions jusqu’à nouvel ordre.

Tout est chamboulé. L’escadron prend la semaine de servitude. Cela veut dire que l’escadron doit fournir les gardes, les hommes pour le ramassage des ordures, les corvées d’ordinaire et le piquet d’incendie.

Il va voir au tableau, près de la semaine quels sont ses services pour la semaine. Il sera toute la semaine de garde au dépôt de munitions.

Notre soldat n’est pas un historien. Ce qu’il va nous livrer, c’est ce qu’il a vécu de l’intérieur avec ses camarades et ce qu’ils ont ressenti en temps qu’ hommes. Il nous faudra nous plonger dans le contexte de l’époque

 

 

 

L’APPEL (garde)

Posté : 13 février, 2008 @ 8:00 dans vocation | Pas de commentaires »

« Alors c’est donc ça, les étudiants font grève et nous pas de perm!!! » C’est une énorme déception pour tout monde. On en veut aux étudiants, » des planqués, fils à papas, on en veut à ces meneurs, dont certains ne sont même pas français » et on espère que cette petite grève ne va pas s’éterniser.

Pour l’instant, à peine revenu de manoeuvre, il lui faut à nouveau faire son sac car il part une semaine monter la garde au dépôt de munitions de Véselois. Cette garde se passe de la façon suivante. Un groupe de huit hommes est enfermé avec des vivres pendant une semaine dans le fort du Véselois pour garder le dépôt de munitions. Il doivent monter la garde dans trois miradors à tour de rôle, effectuer des rondes dans le fort. La vie y est simplement organisée. Différents tours sont organisés. Tours de garde, de ronde , de popote et de nettoyage. Cette prestation se monte du vendredi au vendredi. Il n’y a pas la télé, bien entendu et un transistor, est mis à leur disposition. Le soir, ceux qui ne sont pas de garde, jouent aux cartes. C’est bien, car vous êtes seuls maître de votre emploi du temps.

Ils écoutent, chaque fois que possible, les informations sur les grèves des étudiants. Il faut dire que les radios ne doivent pas tout raconter car ce qui va suivre n’était pas prévu dans ce qu’ils entendent entre deux chansons.

Une nuit, ils ont de la visite…

 

L’APPEL (Déceptions)

Posté : 12 février, 2008 @ 8:48 dans vocation | Pas de commentaires »

Il ne verra pas Roselyne ce week-end. Elle lui a écrit qu’elle l’aimait et c’est la première fois qu’une jeune fille lui écrit ces phrases. Lui, qui ne pense qu’à elle depuis la dernière fois, derrière le stade de football, sur un petit chemin…. Il n’avait pas osé. Elle le lui a reproché doucement. Il oserait au cours de la permission…  Il ne partira pas en permission.

La déception est telle qu’il se met à détester l’armée. Cette armée qu’il aimait, qu’il appelait de tous ses voeux et qui l’avait accueilli comme un fils. Les réflexions sont mauvaises conseillères et les discutions avec ses camarades vont lui faire prendre conscience de ses responsabilité. Il n’est plus le petit garçon protégé outrageusement par sa mère et dirigé par son père. C’est un homme qui prend son destin en main, ou plutôt, qui va prendre son destin en main.

Il loue, encore aujourd’hui, ses camarades Ch…. et Va…. qui en lisant ces lignes se reconnaîtront dans cette histoire si lointaine pour  lui et peut être encore plus lointaine pour eux, qui sont repartis dans le civil, leur service national terminé. Ils lui ont fait mesurer l’obligation pour lui d’assumer son engagement. Il assumera et ce toute sa vie future.

 

L’APPEL (Retour douloureux)

Posté : 11 février, 2008 @ 9:00 dans vocation | Pas de commentaires »

Fin Avril 1968, nous sommes un jeudi matin au camp militaire de Sissonne. L’adjudant d’escadron a rassemblé les derniers soldats encore présents. Il ne sont plus beaucoup. Les Chefs sont partis de très bonne heure ce matin, les pilotes ont embarqué les blindés sur les wagons hier matin et le convoi par voie ferrée est parti dés le début d’après midi.

Il reste à attendre la revue des bâtiments par les employés du camp et aussitôt terminée, le signal du départ sera donné. Il seront en rame de dix véhicules et arriveront le soir à Belfort. Il se trouve dans la deuxième rame avec son Marmon d’allègement.

Ils iront vite, pour arriver au régiment. Quatorze heures de route ! Et c’est aux environs 23Heures que la rame s’immobilisera devant le 2° Escadron au Quartier Friedrich. Les hommes sont courbaturés, et ne pensent qu’à retrouver leurs lits. Une garde aux camions est constituée pour protéger le matériel sensible et les réintégrations se dérouleront le lendemain.

Dans sa chambre, sur son lit, son courrier l’attend, la lettre rose de Roselyne y est en bonne place et c’est avec elle qu’il va s’endormir, pensant à sa joie de la retrouver samedi après midi.

Vendredi matin réintégrations des lots de bord, des transmissions, des trousses de premières urgence avec les seringues auto injectantes d’atropine, des vestes fourrées et de tout le matériel de manoeuvre comme les gamelles collectives ou les couvertures. Midi, rassemblement de l’escadron. Toutes les permissions sont annulées!!!

 

 

 

L’APPEL (Fin de manoeuvre)

Posté : 10 février, 2008 @ 8:32 dans vocation | Pas de commentaires »

Fin Avril 1968

Le camp, pour le 35° RIMECA, se termine. Pour notre soldat, cela ressemble à une délivrance. En effet, moins d’une semaine après le début, son char a subi une panne nécessitant un arrêt prolongé. Cela fait donc dix jours que son char est en réparation à l’échelon au parc à chars. Tout est arrivé durant un exercice de nuit. Le char lancé à toute allure dans un découvert a sauté une bosse plus haute que les autres. Il est retombé rudement sur ces chenilles, certes, mais le choc fut  violent. Le chef de char et notre soldat tireur se sont retrouvés, sur le plancher, au fond de la tourelle. Le char n’a pas redémarré. Appelé par radio, le dépannage est arrivé au petit matin, diagnostiquant la rupture d’une barre de torsion. Cela voulait dire fin de manoeuvre pour l’équipage et attente de la pièce de rechange avant réparation.

Les journées leur ont semblé longues. C’était toujours la même chose, rapport, parc à chars, entretien, repas, rapport, parc à chars, entretien, repas, coucher. Donc ce fut vraiment une délivrance de recevoir les ordres de départ pour Belfort.

Nous sommes un jeudi matin. Samedi il part en permission pour une semaine de repos bien méritée. Dans son courrier, à l’escadron, il aura certainement une lettre de Roselyne car, à cette époque, le téléphone était réservé à quelques personnes en charge d’une fonction importante.

L’APPEL (En avant!!!)

Posté : 9 février, 2008 @ 8:09 dans vocation | Pas de commentaires »

C’est de la fébrilité. Il n’a pas dormi cette nuit. Il est resté éveillé à penser à cette première journée de manoeuvre. Ils logent dans des vieux bâtiments du camp réservées aux troupes en manoeuvre. Ce matin à 6H30, il doit être présent au parc à chars. Avec le Marmon, il apporte le lot de bord et les transmissions. Il faut tout installer avant l’arrivée du chef de peloton, effectuer les essais radio sur la fréquence de l’escadron et sur la réseau du char proprement dit. Le pilote doit faire tourner le moteur pour le chauffer. Enfin attendre les ordres.

Les chefs arrivent. C’est le rapport de l’escadron au parc à char. « A la disposition des chef de peloton » lance le capitaine. C’est ensuite le rapport du peloton. Chacun est au pied de son char pour la revue, puis le chef donne ses ordres et la direction à prendre. Il donne la première position de combat. Ce sera pour eux un bois situé à environ 5 Kms. Les chars empruntent une piste boueuse pleine d’ornières causés par les différents passages d’engins blindés. Pas un ne s’embourbe. A la sortie d’un bosquet, le chef donne un ordre à la radio. « Dans la trouée en ordre de bataille, pointe en avant! » . Les char se mettent en triangle et attendent l’ordre de l’aspirant.  » Premier peloton, en avant!!! ». Les pilotes mettent les gaz, les moteurs rugissent, les chars s’élancent vers la lisière de bois située à 800 Mètres à toute vitesse. Ils volent au dessus des bosses du terrain, retombent sur leurs chenilles et filent plus vite encore. Arrivés en position, le pilote fait faire un demi tour sur place à son engin et le char regarde dans la direction de ou il venait. Il faut se placer en défilement de tir.

Il vont rester jusqu’au soir, sur cette position, scrutant l’horizon dans les épiscopes. Les chars ont été camouflés Le repas s’est résumé en une boite de pâté avec du pain de guerre. Vivement ce soir pour un repas chaud.

Le retour sera long. Le soir, il faut vider le char, tout ranger dans les chambres, laisser une garde et aller manger au réfectoire. Il est plus de minuit et demain, même journée dans un autre endroit du camp.

L’APPEL (Premières manoeuvres)

Posté : 8 février, 2008 @ 9:08 dans vocation | Pas de commentaires »

La deuxième journée d’exercice sur route a été moins soutenue.

Vers 16 Heures, sur les coordonnées indiquée par le directeur de l’exercice, tous les participants se sont rassemblés pour une analyse et un bilan. Puis les véhicules se sont mis en rame et le départ par 10 véhicules fut donné. Sissonne était à 80 KMS. C’était donc l’histoire de 2 Heures pour arriver.

Le quai de débarquement est à ST ERME à coté du camp, et c’est là que le rendez est donné à chaque chef d’élément.

Arrivés sur place, ce sont les retrouvailles entre les équipages au pied de leurs chars. Les pilotes ont déjà débarqué les AMX. Puis, le capitaine, dans sa jeep prend le commandement de l’escadron et passant en tète, guide la colonne de chars vers le lieux de déploiement de l’unité. Il sont enfin arrivés, il n’a pas vu le temps passé, il n’a pas dîné, il est 22Heures et il savoure cette période pendant laquelle il va pouvoir montrer ses qualités.

Il connaît déjà le camp de Mailly, car sur la route de Belfort, en partant de Carpiagne, il s’y est arrêté pour tirer ses trois obus de 90m/m afin de valider son certificat de tireur AMX13. Trois coups au but!!!

Demain, direction le parc à char et en route pour l’aventure. Il sera temps de manger dans la journée

 

L’APPEL (Manoeuvres sur route)

Posté : 7 février, 2008 @ 9:05 dans vocation | Pas de commentaires »

Ils roulent depuis sept heures du matin. La radio grésille ses ordres « ici ALPHA CHARLIE UNITE, retrouvez moi en CQ 4543/8763″ « Ici ALPHA CHARLIE 12 bien pris, terminé ». En gros c’était comme cela, me dit-il.

Le Marmon ne roule pas vite, c’est un camion de petite taille et spécialisé pour le tout terrain. Dans l’optique d’un engagement sur un territoire donné, il doit se positionner au plus près des chars pour en assurer le ravitaillement en munition. Pour ce qui est du carburant, le char possède une bonne autonomie car il possède deux réservoirs de 240 Litres.

L’exercice sur route continue, il exécute les ordres donnés par le chef de peloton à la radio. Il doit toujours être à l’endroit donné, dans les temps. Cela lui sert d’exercice de topographie. A midi, ils ont mangé du vite fait dans une corne de bois. Sardines à l’huile et pâté de foie de la boite de ration, avec du pain de guerre. Ce sont des biscuits  rectangulaires, très consistants et très durs à croquer. Il a mangé une pâte de fruits en dessert et a bu un café. Il mangera mieux ce soir.

Il a du rester posté sur un ligne de crête une bonne partie de l’après midi, notant tous les mouvements de véhicules circulant sur la route en contre bas de sa position. Il rends compte »Ici ALPHA CHARLIE 12 R.A.S. ». Il repart vers une autre position indiquée par le chef de peloton. Cette manoeuvre sur route constitue ,pour lui, un exercice de topographie. Puis il arrive au dernier point ou sont rassemblés tous les participants. Le capitaine donne les ordres pour le lendemain et chacun s’affaire pour installer son bivouac et dîner. C’est l’occasion de faire plus ample connaissance avec les cadres de l’escadron. Des liens se tissent et ainsi la cohésion se cimente.

Demain, dernière étape vers le camp de manoeuvre.

 

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